La nuit est un élément de l'amour, tout comme le brouillard.
Il s'agit d'un assemblage de passages volés dans les œuvres d'Etel Adnan :
Le Soleil sur la langue, Paris mis à nu, Au cœur du cœur d'un autre pays, IN/SOMNIA, THERE - Dans la lumière et l'obscurité de soi et de l'autre, Sitt Marie Rose,
conservés dans la langue des livres empruntés, le français et l'anglais.
Ça commence maintenant :
«
La ville est un champ électromagnétique auquel chacun veut s’embrancher.
« Regarde, il écrit un chrysanthème. »
Je recherche un poète avec qui partager une soirée de conversation.
Mais qu'entendons-nous par poésie ? En réalité, nous ne le savons pas vraiment. Nous la pratiquons, tout simplement. C'est ce que nous écrivons lorsque nous sommes dans un état d'esprit particulier.
I
Arbres. Trois. En vert/gris
éclaboussure/bruit. Houe dans le jardin.
Rose dans une pièce fermée à clé
La poésie est urgente.
Le café est épaissi par la crème, à vous faire regretter Vienne, et une odeur de pain beurré plane sur les manteaux lourds des hommes qui se dépêchent d’arriver au bureau.
Etre écrivain c’est s’enchaîner à une table, et attendre la bonne vague, et lorsqu’elle arrive, la prendre et aligner sur une feuille ou un écran, une série de mots, avec la certitude qu’ils sont d’une grande importance bien que sachant par ailleurs qu’au rythme actuel du changement, ce que l’on fait ou dit sera totalement obsolète avant la fin du siècle. Mais ne nous laissons pas aller à la déprime. Nous devons distiller notre angoisse, et la cracher avec beaucoup de soin sur toutes sortes de supports jusqu’à l’instant d’une incapacité totale.
Oui, Paris est un aquarium, on y évolue avec des antennes et des nageoires.
Mais qu'est-ce que l'amour ? Et à quoi renonçons-nous lorsque nous y renonçons ?
Je suis ses torrents, sa vase, son limon.
et son printemps
Une étrange fièvre.
Où sommes-nous, nous, les enfants de l'Histoire, de quelle période, de quel côté de l'Histoire, des guerres ou des poèmes, des reines ou des étrangers, de quel côté de l'Histoire allons-nous être ? Allons-nous être ?
La nuit est un élément de l'amour, tout comme le brouillard.
Je suis liquide élément liquide
la terre ses volcans ses canyons sa colère
Où en sommes-nous ? Au milieu, au début, à la fin ?
Qui sommes-nous ? Est-ce toi et moi, ou quelque chose d'autre, extensible, explosif, le sel et le poivre de nos pensées, ce quelque chose qui pourrait survivre à nos divinités ?
rêves moites de formes.
machine argentée pour, pour
perversion. trois
Les hôtels sont les structures de nos rêves. Je les préfère aux maisons. Quand je passe devant, disons en Italie par exemple, mon cœur bat vite et je me demande si ma vie n’aurait pas dû être complètement différente de celle que j’ai vécue. Les hôtels de San Francisco sont parmi ceux qui font le plus appel à mon imagination : (…)
Écoute-moi. Nous n'avons ni présent, ni avenir. Ne me dis pas que tu ne m'as jamais aimé, c'est absurde. Je n'y peux rien. Je t'aime !
Nous parlerons pendant des heures, tu me diras des choses que tu n'as jamais dites à personne. Souviens-toi, tu me répétais sans cesse : « Je veux te parler, oh combien j'ai besoin de te parler », et cela ne s'est jamais produit. Cela me hante encore aujourd'hui.
L'amour ne se décrit pas, il se vit.
Soudain, vous voyez un morceau de pain sur une table. Et vous le voyez comme un tableau de Magritte ou de Dali, c'est la même chose que les pommes chez Cézanne.
Vous n'exprimez pas seulement des choses fonctionnelles, non, vous voulez exprimer des choses qui sont presque impossibles à dire. Alors nous les exprimons dans la poésie.
D’une certaine manière, l’amour et la douleur fonctionnent de façon similaire : ils ne donnent aucun répit, absorbent toute notre attention ; tous deux forment nos paysages internes et externes, notre identité. Nous les possédons et nous nous faisons posséder : nous cherchons un remède, ou une solution, parlons d’inconscience, de repos ou de panique, et même de mort. Ces deux maladies tordent le cœur et brisent les ligaments. Chacune réside dans chaque cellule du corps et de l’esprit, séparément et ensemble.
Je le crache. La poésie est impulsive, on ne peut pas écrire des poèmes tout le temps.
Aller, partir, aller tout droit, le monde étant rond, revenir, où, vers quoi, être une balle qui rebondit, où, sur quoi, être vaincu par la gravité.
Je me demande maintenant si la mort n'est pas une forme de vie à part entière, s'il n'y a pas une joie qui appartient particulièrement à la mort, si la mort ne trouve pas son origine dans le divin, tout comme l'amour lui-même.
III
Toujours + jamais/néanmoins
=non / malgré...
thé
Empruntons-nous le présent et, si oui, à qui ?
La force de gravité qui s’exerce dans cette ville est telle que l’on pourrait s’installer sur une chaise et se trouver, bien des années plus tard, assis au même endroit et vieillissant.
L'amour est une révélation, je le comprends maintenant, la plus importante de toutes les révélations.
Mais c'est des tilleuls dont je suis tombée amoureuse.
Ce que vous dites dans la poésie semble émerger presque tout seul, vous ne le fabriquez pas. « Un morceau de pain est sur la table » - voilà qui peut être de la poésie.
voiture argentée. vagues.
relatif à pro
tests. peur. piqûres.
autant de baisers.